• RÉGION NAMUROISE, BELLE TABLE • Yvoir • Restaurant Mona Lisa • Emanuele Indorato et Rosa La Mela * Eating.be
À Yvoir, entre pierres anciennes et lumières caressantes, le Mona Lisa ne se contente pas d’accueillir : il embarque. Une parenthèse italienne vibrante, généreuse, où le goût, la finesse et la précision s’accordent comme un refrain du Sud que l’on fredonne longtemps après.
Dès le seuil franchi, le charme opère. Tout respire l’harmonie. Le cadre est clair, serein, instinctivement juste. Le bois réchauffe l’espace, les lumières effleurent les murs, le mobilier contemporain affirme une élégance délicate. Rien ne déborde, tout s’équilibre. On se sent bien immédiatement. Et l’on sait déjà que l’on est au bon endroit.
Mais le Mona Lisa, c’est avant tout une table. Une vraie.
Une cuisine qui conjugue émotion et maîtrise, générosité et rigueur. Une cuisine italienne au sens noble : solaire, expressive, profondément gourmande, capable de parler aussi bien au gourmet exigeant qu’à l’âme familiale. Une cuisine qui fait sourire, qui touche, qui reste.
Aux commandes, Emanuele Indorato, enfant d’Adrano, au cœur de la Sicile.
Son geste est précis, sa main inspirée, son regard entièrement tourné vers le produit. Chaque assiette raconte une histoire, chaque plat vibre d’une énergie sincère. Ici, rien n’est démonstratif, tout est habité.
Le menu du moment déroule une partition parfaitement maîtrisée.
En entrées, “Ma fai na zalata” mêle hamachi, orange Tarocco et fenouil dans une fraîcheur éclatante ; Tunnu ca’ cipudda assemble ventrèche de thon, extrait d’oignons et feuille de câpre avec une profondeur saline ; Non è una Capasanta surprend par son jeu autour du céleri, du kombu et d’un jus marbré délicatement iodé.
Les primi affirment le cœur de la cuisine italienne : un Risotto cime di rapa e muddica atturrata, riz Acquerello, cime di rapa et chapelure à la sicilienne, d’une précision remarquable ; des Ravioli mbuttunati au poivron, Gambero Rosso de Mazara et sabayon au Marsala, tout en finesse et en gourmandise ; et les Tagliolini di Campofilone, au beurre fumé et à la truffe noire Melanosporum, plat signature d’une élégance absolue.
En secondi, la mer et la terre dialoguent avec évidence : “Chiddu ca lu mari ni porta”, la pêche du jour accompagnée de mini blettes vertes et de fenouil ; “U Ré di li Nebrodi”, cochon noir, carottes, cannolo et balsamique Mussini, puissant et réconfortant ; et “I doni di la terra”, proposition végétale autour du seitan, de la courge et du shiitake, sincère et profondément savoureuse.
Le voyage s’achève en douceur avec “Mangiasti a nonna ?” : carotte, mandarine et crème anglaise. Un dessert de mémoire et de tendresse, comme une caresse finale.
Chaque plat est un fragment d’Italie. Une cuisine d’instinct, de mémoire et de terroir, oscillant entre puissance et légèreté, entre finesse et chaleur. On se laisse porter, happé par la justesse des accords et la sincérité du propos.
En salle, Rosa, toute en douceur, transforme l’émotion en sourire. Elle accompagne l’expérience avec une élégance naturelle, un accent chantant, une bienveillance profondément italienne.
Si l’Italie est une terre de passion, de contrastes et de générosité, le Mona Lisa en est l’un de ses plus beaux ambassadeurs.
Une maison où la gourmandise devient une célébration, et où chaque repas se termine avec ce sentiment rare : celui d’avoir vécu un moment heureux.
Grande Manu !
LD